dimanche 15 janvier 2012

25. Les matins frigorifiques.


Ce matin, je dois me rendre au restaurant de très bonne heure.

J'aime parcourir la ville à cette heure où la majorité de ses habitants dorment encore. Cette sensation qu'elle est mienne m'est très agréable. De par la solitude envahissante à cette heure de la journée, il n'est pas difficile de se penser invincible... et pourtant. Le thermomètre affiche un beau -43°C. Je risque de sentir chacun de ces degrés négatifs à chaque coup de pédale. Comme souvent, je ne manque pas d'emporter mon appareil photo avec moi, il serait dommage de ne pas capturer la beauté de la fraîcheur matinale. Petit-déjeuner dans l'estomac, emmitouflée sous plusieurs couches de protection, je met le nez dehors. Le thermomètre ne mentait pas, il fait vraiment froid ce matin. Après quelques minutes de batailles acharnées entre mes poumons et ma détermination, j'abandonne la partie et met pieds à terre. Les gars devront commencer sans moi. Il m'est impossible de pédaler par ce froid, je risquerai d'y perdre un poumon si ce n'est les deux. Et les bus n'étant pas encore en service, je vais devoir patiemment marcher jusqu'à destination... A peine un tiers du chemin total parcouru et me voici confrontée à un tableau des plus radieux. Il fait si froid que la rivière en recrache une épaisse couche de vapeur. Quitte à être en retard, autant en profiter. Je sors mon fidèle compagnon du sac et entreprend de capturer ce magnifique spectacle. Le dit compagnon me lâche après une dizaine de clichés, il fait trop froid pour lui aussi. Je contemple cette froideur, longe la berge, et arbore mon plus beau sourire pour celui qui sait ravir mes pupilles comme aux premiers jours.

Trente minutes plus tard, j'ouvre la porte de service les joues rosies, les cils littéralement gelés, à bout de souffle. Je m'excuse platement pour mon heure de retard et explique qu'il n'est pas donné à tout le monde de faire sortir le sportif qui gît en soi par ce froid. Je me fais réprimander pour avoir oser prendre mon vélo par cette température. Je souris de toutes mes dents, consciente du ridicule de ma décision. Les gars me font promettre de mettre le vélo au garage pour le reste de la saison; si besoin, ils s'occuperont de venir me chercher.

Deal !

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