jeudi 4 septembre 2014

PARTENARIAT #1 : Voyage-Langue.

Le 15 août 2014 a marqué ma troisième année consécutive au Canada. Pour fêter ça, je vous invite à un petit retour vers le passé.


Lorsque j’ai posé pour la première fois les pieds au Canada, j’étais âgée de 22 ans. Fraîchement diplômée d’une licence de LLCE (langue, littérature et civilisation étrangère) en anglais, un master de FLE (français langue étrangère) en cours, je rêvais d’ailleurs. Une envie d’élargir mes horizons avait tranquillement germé en moi depuis bientôt 10 ans. En tant et en heure, je l’avais fertilisée, arrosée et encouragée à grandir. L’heure était alors venue de la laisser fleurir : je devais partir en contrée anglophone.

Quelques mois plus tard, je me retrouvais à London, en Ontario, dans un environnement totalement anglophone. Si mes années d’études me permettaient de lire, écrire et comprendre l’anglais de manière assez satisfaisante, mon oral laissait quant à lui pas mal à désirer. Les premières semaines furent un mélange d’émotions pour la plupart inconnues : l’excitation que provoquait la découverte d’un nouveau pays se mêlait à l’angoisse de ne pas être capable de survivre à ce changement radical. Tout était complètement nouveau ; de la façon qu’avaient les gens à vous accueillir –littéralement– à bras ouverts au couinement que provoquait mon lit lorsque je me retournais maintes et maintes fois durant les premières nuits. Ma famille d’accueil a joué un rôle capital dans le déroulement de mon expérience. Habituée à recevoir des étrangers chez eux, ils m’ont aidé à me sentir à l’aise, à comprendre leur culture et à avancer chaque jour un peu plus dans ma maîtrise de la langue anglaise. Les jours défilaient à une vitesse folle tellement le quotidien m’était devenu agréable. Mes six mois autorisés ont vite disparu dans les abysses du Lac Ontario, mais je n’en avais pas encore terminé avec la nouveauté, si bien que je me suis autorisée –et le gouvernement canadien par la même occasion– deux mois d’intensité supplémentaire. Découverte de la faune, de la flore, des us et coutumes, et bien plus encore ont marqué mon esprit à jamais.

Huit mois plus tard, je repartais alors le cœur serré vers mon pays natal, promettant à mon pays d’adoption de revenir très vite. Non seulement ma maîtrise orale de la langue anglaise s’est vu grandement améliorée lors de ce séjour –il paraîtrait que j’avais même réussi à assimiler un semblant d’accent ontarien– mais j’avais également acquis une ouverture d’esprit et une connaissance de ma personne insoupçonnée. Partir vous ouvre irréfutablement de nombreuses portes, aussi bien d’un point de vue personnel que professionnel. Lorsque je regarde par dessus mon épaule, il est indiscutable que ce départ fut ma plus belle réussite. Et je suis encore aujourd’hui reconnaissante envers toutes les personnes qui y ont participé ; amis, famille et étrangers, avant, pendant et après.


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dimanche 29 juin 2014

P1. Inepties.

Dans l'abysse de ma mémoire défaillante et de mon coeur atrophié gisent des milliers de souvenirs au goût amer. Les mots s'emballent en mon fort intérieur, mais mes lèvres restent muettes. Incapable de les laisser chatouiller mon larynx, mes mains prennent le relai et glissent sur le clavier. Ma respiration se paire au rythme du cliquetis qu'ils provoquent.

La fluidité m'échappe, et la peur m'envahit.

Mes paupières tombent le rideau et je cherche désespérément l'interrupteur. Aussi délicatement que possible, mes doigts fouillent les réminiscences d'un passé à la recherche de la perle rare. Et puis, la paralysie s'invite au voyage. Le silence se fait de marbre. La lourdeur de mes bras engendre celle des mots. Je trébuche inlassablement sur des fils tendus qui n'existent que dans mon imagination. La pièce est plongée dans le noir et mes yeux, qui ont perdu tout repère, ne peuvent plus rien pour moi. Les couleurs s'évaporent à la vitesse du temps qui s'égraine. J'attrape au vol, dans une tentative désespérée, quelques poussières nouvelles. Emprisonnées en ma paume, je n'ose les regarder. Lentement, mes phalanges se déplient pour les laisser s'envoler. À la dernière minute, j'ouvre les yeux dans l'espoir de les voir, telles des lucioles, briller.

Le ciel est gris et de fines gouttes de pluie se mettent à tomber sur le feu à demi ravivé. Le sommeil aura malheureusement, cette fois encore, gagné.