samedi 5 mai 2012

44. NLF, une association en or.

5:30AM

Si mon alarme avait failli à me sortir de ma torpeur, les quelques coups de poings qui tombèrent sur ma porte de chambre me firent écarquiller les yeux. J'avais à la fois envie d'arborer un sourire se frayant un chemin depuis mon oreille droite jusqu'à mon oreille gauche, et à la fois envie de m'enfoncer sous la couverture légère qui enveloppait mon corps à demi nu. Plusieurs coups résonnèrent sur certaines des portes voisines. Si les autres voulaient dormir jusque l'heure du petit déjeuner, ils ne manqueraient pas d'être réveillés par notre réveil quelque peu brutal. J'enfilais rapidement un short et mes tennis, et sortis retrouver le petit groupe de personnes à l'entrée de notre ghetto. Je grommelais un Bonjour ! plus que matinal à mon ami responsable de tout ce vacarme et entrepris de m'échauffer avec les autres. Quelques minutes plus tard, nous étions partis pour une heure de souffrance musculaire. Je respirais l'air frais à pleins poumons, reconnaissante de chaque bouffée vivifiante. Après avoir fait le tour du petit lac au pas de course, chacun à notre rythme, nous mettions à l'épreuve notre corps entier par de petits exercices tortueux: pompes, abdominaux, course de vitesse et autres.


Oui, cela sonne un peu armée de terre où réveil à cinq heures du matin et entrainement d'arrache pieds sont le quotidien; mais au lieu de ça, je me trouvais bénévole dans une association au nord de la Thaïlande, pour un séjour qui m'apporta surement plus que je n'aurais pu l'imaginer. Et ce calvaire matinale, je me l'infligeais volontiers.


L'ambiance était bon enfant et amicale. Certains se connaissaient depuis plusieurs mois, d'autres depuis une poignée de jours, et pourtant régnait autour des différentes tables une impression de grosse famille. Si le silence au petit-déjeuner était roi, l'émotion passait à travers les regards, les sourires ou encore les petits mots prononcés du bout des lèvres. Je n'étais là que depuis une dizaine de jours et déjà ma reconnaissance envers ces gens était précieuse et infinie. Une fois notre copieux petit-déjeuner avalé, nous nous dirigeâmes vers le hall de méditation où a lieu notre réunion matinale : présentation des nouveaux arrivants, répartition des différentes tâches, minute de méditation… et la journée suit ensuite son cours.

Outils en mains, nous arrachions les mauvaises herbes qui étaient venues se loger aux pieds de nos diverses plantations. Malgré l'heure matinale, la chaleur était écrasante. Je dégageais de mes mains terreuses mes mèches rebelles collées sur mon visage. Mon dos recroquevillés me lançait de petits appels à l'aide. Mes bras et mes genoux étaient couverts de petites griffures. Mais l'esprit libéré, mon corps restait stoïque face à la douleur. Pour la première fois depuis bien longtemps, j'étais en parfaite harmonie avec moi-même et mon enveloppe corporelle en bénéficiait. Perles de sueur au coin des lèvres, je souriais à pleines dents à cette vie en communauté où partage, respect mutuel, confiance, entraide et acceptance étaient maîtres.




Quand l'heure du grand départ arriva, c'est avec la peur au ventre et une tristesse infinie que je dis au revoir à mes compagnons de galère. Serais-je aussi forte à l'extérieur ? Serais-je capable d'acquérir cette confiance en moi nécessaire ?

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