dimanche 11 mars 2012

32. Au revoir Yukon.

Je ne suis pas encore certaine de réaliser ma séparation d'avec le Yukon. Et pourtant, je me trouve actuellement quelque part au-dessus du Pacifique en direction de Shanghai, pour ensuite atteindre ma destination finale qu'est Bangkok. Le jour du départ est arrivé à grande vitesse, sans crier gare. Et ce dernier fut aussi difficile que mes pensées me le laissaient présager. Aucune larme, mais le coeur prêt à exploser au moindre mouvement brusque, ce qui ne manque pas avec un si long voyage. Je me demande si le manque de cet endroit qui grandit déjà en moi perdurera avec le temps. Parfois, le manque n'est qu'illusion ; un état passager qui disparaît avec la course folle de la vie...

Et parfois, le manque se trouve très accroché à notre petite personne. Il me manque toujours autant, même si je n'y pense plus aussi souvent. Durant une fraction de poussière de temps, j'ai su l'oublier face à un autre. Mais cet autre ne représentait qu'une illusion dans ce vague à l'âme qu'il représente, à des milliers de pieds dans l'air. Que ferai-je dans deux mois, lorsque le temps me rattrapera ? L'envie me hurle de le revoir, alors que la raison me somme d'ignorer son appel. Il y a cette petite voix, celle qui n'a cessé d'espérer malgré les mois de silence. Il y a cet espoir, aussi infime soit-il, qui me rappelle qu'il a un jour éprouvé des sentiments amoureux envers ma personne.





Vue du ciel, Shanghai ressemble à un énorme quadrillage de lumières si intense qu'elle pourrait faire rentrer le monde entier en crise d'épilepsie.

Mes paupières se font lourdes, les dernières heures de voyage mêlées à ces incessantes pensées m'ont épuisée. Je ne suis plus certaine d'avoir fait ce que certains appellent le "bon" choix. Le doute s'empare toujours de moi à la dernière minute, juste avant de poser les pieds en terrain inconnu. Généralement, il se fait vite rattraper par l'excitation. L'inconnu m'attire plus qu'il ne m'effraie. J'aime à penser que je suis de ces personnes capable de repousser leurs limites, capable de faire place à ce qui est étranger, capable d'accueillir et d'affronter le bon comme le mauvais avec calme et relativisation...

A bout de nerfs et survoltée, je laisse enfin les larmes perler sur mes joues blafardes.

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